Conseil général du Pas-de-Calais (CG62) - Le 23 Mai 2012 - 17h31
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C'est en 1789, en pleine Révolution, que Guillaume Thouret, député du Tiers-État et homme du Nord, a l'idée de découper administrativement le territoire français : c'est la naissance des départements, ils sont alors au nombre de 83, ils remplacent les provinces qui avaient été définies sous l'Ancien Régime. Les géographes Cassini, père et fils sont alors chargés de redessiner la carte de France de telle sorte que les départements aient tous une taille comparable et que leur chef lieu puisse être atteint en une seule journée de cheval.
La création des départements en 1790 procède d'une démarche républicaine. D'abord organisation administrative, le département, entité territoriale a évolué au cours de ses 220 ans d'existence jusqu'à sa complète autonomie conférée par les lois de décentralisation. L'histoire de l'institution départementale est donc marquée par la coexistence de deux pouvoirs, l'un émanant du niveau central représenté par le Préfet, l'autre au niveau départemental représenté par le Président du Conseil général.
Pendant toute la première moitié du XIXe siècle, le conseil général ne disposait pas de beaucoup de pouvoir, il entendait les comptes du Préfet et faisait connaître au gouvernement ses vœux. Ce n'est en fait qu'à partir de la loi du 10 août 1871 que le Conseil général accéda à l'autonomie : cette loi délimite les pouvoirs respectifs du conseil général et du préfet et promulgue la charte de l'administration territoriale. Pendant près de 200 ans (1800-1982), le préfet fut le détenteur du pouvoir exécutif dans le Département.
Le changement décisif intervient une centaine d'années plus tard, en 1982 avec la loi dite de décentralisation.
La décentralisation de 1982 a rééquilibré les pouvoirs et défini les champs de compétence entre le Préfet, représentant de l'État et le président du Conseil général. Depuis cette date le département a le statut de collectivité territoriale de plein exercice.
L'ensemble des missions et compétences des départements découlent des lois de décentralisation et concernent essentiellement l'action sanitaire et sociale, l'équipement rural, la voirie, les collèges, les transports, l'environnement, le tourisme, la culture, le patrimoine, l'aide aux communes, l'aménagement du territoire, etc.
L'organisation de l'administration territoriale française se conjugue à plusieurs niveaux : l'État, la Région, le Département et la commune auxquelles s'ajoutent les structures de coopération intercommunale. L'administration locale repose donc sur une organisation à plusieurs niveaux : la commune, le département et la région, qui sont à la fois des circonscriptions administratives de l'État et des collectivités territoriales décentralisées. Chaque collectivité dispose de pouvoirs propres, aucune ne peut exercer de tutelle directe ou indirecte sur les deux autres.
Les deux grands moments de la décentralisation se sont concrétisés par l'adoption de lois élaborées par le Gouvernement : ce sont les lois Defferre en 1982-1983, puis la réforme constitutionnelle en 2003.
Ces lois marquent la volonté politique d'opérer une redistribution des pouvoirs entre l'État et les collectivités locales avec comme objectifs une meilleure efficacité de l'action publique et le développement d'une démocratie de proximité.
En 1970, sous la Ve République, l'autonomie et les compétences du Conseil général en tant que collectivité augmentent, en 1981, la loi bonnet définit les responsabilités des collectivités, en 1982 la tutelle du préfet est remplacée par un contrôle à posteriori des actes des départements.
loi du 2 mars 1982 : les communes, les départements et les régions s'administrent librement par des conseils élus
La tutelle du préfet est levée, le conseil général règle désormais par ses délibérations les affaires du département. Le président est élu par ses collègues après chaque renouvellement triennal et est l'organe exécutif : il prépare et exécute les délibérations du conseil général, il est l'ordonnateur des dépenses.
À cette date le Conseil général est chargé des questions de :
Elle constitue l'essentiel des compétences départementales. Les domaines concernés sont très variés : action en faveur des personnes âgées, des personnes handicapées ou de l'enfance, mais également prévention, insertion des personnes en difficulté.
Le réseau routier des départements compte 361 200 kilomètres soit 40 % du réseau routier français. Le conseil général assure l'aménagement et l'entretien de la voirie départementale. En parallèle, il développe, aux côtés de l'État et de la Région, par le biais des contrats de plan, le réseau routier et autoroutier de la France.
l'aménagement et l'exploitation des ports de commerce et de pêche, l'organisation des transports collectifs de personnes et notamment le transport scolaire relèvent également de la compétence des départements.
Les communes et les intercommunalités sont des interlocuteurs privilégiés des départements. Le conseil général les aide à investir et à s'équiper dans de nombreux domaines : alimentation d'eau potable, assainissement, électrification, voirie, financement d 'équipements communaux (églises, mairies, gendarmeries, centres de secours), embellissement des villages, protection de l'environnement, aménagement foncier, etc. Le département intervient également par le biais de contributions et de financements aux projets urbains et à la politique de la ville.
La construction et l'entretien des collèges ainsi que certains de leurs équipements dont l'informatique, les bibliothèques de prêts, les subventions à de nombreux festivals ou rencontres culturelles sont également de la responsabilité des départements.
Cette compétence relève essentiellement des conseils régionaux. Néanmoins, le département favorise l'accueil et la croissance des grands équipements de recherche. Dans les départements ruraux, l'intervention économique du Conseil général permet le maintien d'activités essentielles à la vie quotidienne (petits commerçants, école, services publics de proximité, etc.). Les départements entendent faire valoir leurs spécificités, en particulier les actions menées auprès du secteur des PME-PMI et du secteur artisanal. Il participe enfin à la modernisation de l'agriculture et à l'installation des jeunes agriculteurs.
Les Conseils généraux sont également chargés de la protection de l'environnement. Ils veillent notamment à la préservation des Espaces Naturels Sensibles (ENS), sont responsables de la gestion de l'eau et des déchets. Ils ont également la responsabilité des itinéraires de promenades et de randonnées. Les départements financent en moyenne 86 % du budget des comités départementaux du tourisme qui sont chargés d'assurer la promotion et la commercialisation de l'offre touristiques, en concertation avec les partenaires locaux concernés.
Fin de l'Acte 1 de la décentralisation.
17 mars 2003 : projet de loi constitutionnel relatif à l'organisation décentralisée de la République.
Cet acte 2 de la décentralisation est passé par une révision constitutionnelle de grande ampleur.
À l'heure des réflexions sur la réforme territoriale la région du Nord-Pas de Calais avec plus de 4 millions d'habitants compte deux départements, 1 546 communes dont 894 pour le Pas-de-Calais (département français qui compte le plus grand nombre de communes), trois communauté urbaines, 92 intercommunalités, 470 syndicats intercommunaux, l'ensemble étant administré par 120 élus et 20 000 fonctionnaires territoriaux.
Avec la deuxième étape de la décentralisation le département du Pas-de-Calais s'est organisé en neuf territoires de proximité.
De tout temps depuis la révolution française, le Département s'est inscrit comme une structure de proximité au service du citoyen. Les réformes actuelles tendent à réduire et mutualiser les échelons territoriaux mais le département s'inscrit toujours dans une continuité d'existence au profit de la population de son territoire.
La France compte 100 départements dont quatre outre-mer. Hormis ces derniers dans lesquels depuis la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, le principe d'assimilation fait l'objet de tempéraments importants, chacun est soumis au même statut et exerce les mêmes compétences.
présentées en conseil des ministres du 21 octobre 2009 :
Coopération intercommunale :
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