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Irina Brook au château d’Hardelot : ça promet

Publié le 26 septembre 2022

Jeudi 22 septembre, sur les planches du théâtre élisabéthain, Irina Brook, actrice et metteuse en scène aux sept Molières, et Valérie Cuvillier, vice-présidente du conseil départemental en charge de la culture, ont signé une convention de partenariat artistique pour trois années. De 2023 à 2025 l’artiste et sa compagnie, Dream New World, vont faire du château d’Hardelot, Centre culturel de l’Entente Cordiale, leur lieu d’inspiration pour offrir au public de tous âges et de tous horizons, le fruit de leurs talents.

 

Portrait

 

Amoureuse du théâtre élisabéthain

Ce n’est pas un hasard si Irina Brook a choisi le théâtre élisabéthain comme lieu de résidence artistique. Elle y est passée à deux reprises, en 2016 avec la représentation de Tempête, la dernière pièce de William Shakespeare et en 2021 avec Dream !, adaptation de Le songe d’une nuit d’été. « L’une des raisons d’être ici, c’est l’intimité. Ce plateau est magique. Les acteurs y sont comme dans leur salon. On se sent tout de suite chez nous, dans un endroit très privilégié où l’on retrouve la base du théâtre : utile, profond, humain. »

Pour Irina Brook, cette proximité avec le public est un vrai plaisir : « Certains acteurs ont peur de l’intimité. Ils ont besoin d’être éblouis par les projecteurs, de se sentir seuls. Ce n’est pas mon cas, au contraire. Quand j’étais jeune artiste, j’adorais jouer dans les petits pubs-théâtres. Pour moi, la proximité est un plaisir, c’est un plus. »

 

Cohérence artistique, logique géographique

Elle sait aussi qu’elle devra adapter ses créations à la dimension réduite du lieu : « Nous devons choisir très spécifiquement ce que nous allons faire en fonction du théâtre. Mais tout ce que je crée et développe aujourd’hui est très personnel. Une sorte d’autobiographie de ce que j’ai vécu avec le théâtre et que l’on retrouve dans le projet d’installation immersive House of Us. Ici, dans ce théâtre, on peut dire que ce sera la partie de mon enfance élisabéthaine. »

Irina Brook l’avoue, après avoir dirigé le centre dramatique national de Nice « tellement lourd et officiel », elle avait besoin de retrouver intimité et proximité avec le public. « Quand je suis revenue l’an passé avec Dream !, j’ai exprimé à Éric Gendron (directeur du château d’Hardelot), mon rêve et mon enthousiasme de faire un voyage ensemble, dans ce lieu qui m’est vraiment très cher. » Une cohérence artistique donc, mais aussi une certaine logique géographique : « Car avec de bonnes jumelles vous pouvez presque voir ma maison de l’autre côté de la Manche », s’amuse à dire l’artiste.

 

Shakespeare sous toutes ses formes

Le premier rendez-vous sera un one shot Shakespeare : « L’idée est de pouvoir, en deux ou trois jours, mettre en scène une lecture d’un ou deux Shakespeare que je rêverai de monter, mais dont je sais que je n’aurai jamais le temps de le faire en vrai. On associera des professionnels et des amateurs, des Français et des Anglais. » Elle a déjà une idée des pièces qui l’inspireraient particulièrement : Le roi Lear et le terrible et très actuel Titus Andronicus.

Elle prévoit aussi un Hamlet, « décalé, déconstruit ».

Autre projet qui lui tient à cœur, la création d’un spectacle de Noël : « C’est la tradition de mon enfance en Angleterre et j’ai toujours été très dépitée, en France, de ne pas voir ce type de spectacle. » Elle rêvait de monter Peter Pan, « mais ça a déjà été fait ici ». Mais elle a déjà une petite idée pour Noël 2023.

Les collégiens, public particulièrement ciblés par Irina Brook, seront invités à assister à une nouvelle représentation de Dream ! et bénéficieront de sensibilisations, d’ateliers et de rencontres avec les comédiens...

Irina Brook - Château d'Hardelot : 3 ans de partenariat artistique

Irina sur les planches ? Ce n’est pas exclu

Quant à un retour sur les planches, puisque Irina a, depuis 1990, renoncé à sa carrière de comédienne, elle n’a pas fermé totalement la porte à cette possibilité : « Plus jamais… », dit-elle avant d’ajouter : « Mais c’est vrai que ce plateau inspire. Il est moins effrayant alors peut-être… qui sait ? »

 

One shot Shakespeare, samedi 13 mai, à 20h. Tarif : de 3 à 12 à partir de 12 ans au théâtre élisabéthain, 1 rue de la Source à Condette. Tél. : 03 21 21 73 65. En savoir plus sur chateau-hardelot.fr .