Lundi 18 mai 2026, Jean-Claude Leroy, président du Département, a inauguré, en compagnie de Sophie Warot, présidente du Parc des Caps et Marais d’Opale, Damien Morel, maire de Clairamarais et Laurent Denis, président de la Communauté d’agglomération du pays de Saint-Omer, la nouvelle passerelle du Croquart à Clairmarais. Épilogue heureux de huit années de travail.
Même s’il était ouvert depuis quelques semaines, l’inauguration du nouveau pont qui enjambe la rivière de Booneghem entre Clairmarais et Nieurlet était attendue avec impatience. Il faut dire que l’ancienne passerelle métallique dite "des Allemands", puisque construite par l’armée d’occupation, n’était plus praticable depuis près de quatre ans. Devant le risque encouru par les randonneurs, les instances avaient été contraintes de déclasser le sentier de randonnée de la Cuvette. Un circuit ô combien apprécié par les promeneurs.
Désormais, le sentier a retrouvé son label et sa place dans le Plan départemental des espaces, sites et itinéraires (PDESI) du Pas-de-Calais comme du Nord. En effet, la passerelle est un véritable trait d’union entre les communes de Clairmarais dans le Pas-de-Calais et de Nieurlet dans le Nord, donc entre les deux Départements qui ont financé à parts égales les près de 100 000 euros qu’auront coûtés ces travaux.
Le Parc naturel, facilitateur de projets
Le Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale, chef d’orchestre de ce projet, aura travaillé sur ce dossier durant huit longues années. « Aujourd’hui nous inaugurons une persévérance collective. Nous inaugurons un lien entre deux départements, entre les habitants, les promeneurs, les visiteurs… Et dans un marais, créer du lien ce n’est jamais totalement simple. Il faut souvent contourner quelques obstacles notamment administratifs », souligne Sophie Warot, présidente du Parc des Caps et Marais d’Opale et conseillère départementale.
Mais à force de patience et de persévérance, ce pont en bois a définitivement remplacé la petite passerelle métallique qui, néanmoins, sera préservée comme une trace du passé.
Pour Jean-Claude Leroy : « S’il fallait encore démontrer l’utilité du Parc, nous en avons la démonstration aujourd’hui. Le Parc permet aux gens de se rencontrer, de se parler… Le Parc est un fabuleux espace de médiation. Il a fallu négocier, discuter notamment avec les riverains qui ont fait preuve de bonnes volontés. »
Et même plus que cela puisqu’il aura aussi fallu la solidarité de maraîchers du secteur pour que le chantier aille à son terme. À l’image de Jean-Paul Mièze dont le tracteur a permis d’acheminer des éléments de construction. « Cet acheminement des matériaux a été le gros défi technique à relever. Grâce aux maraîchers, nous y sommes parvenus. Il a fallu également faire intervenir une entreprise spécialisée dans le forage avec une technique de pieux vissés qui permet d’aller chercher le fond argileux sans utiliser de gros engins », explique Henri Saudemont, co-gérant de l’entreprise Marcanterra qui a réalisé l’ouvrage.
Mais pour Damien Morel, maire de Clairmarais, ce pont représente bien plus qu’une simple construction : « Ce n’est pas qu’un passage au-dessus de l’eau. C’est un passage entre deux territoires, deux Départements, deux communautés qui ont choisi d’avancer ensemble. »
Le sentier de la Cuvette au départ de la Grange nature, Maison de la nature du Pas-de-Calais est une boucle de 16 km au cœur du marais Est qui couvre le Pas-de-Calais et le Nord.
Dans ces moments où certains construisent des murs, construire une passerelle est important et hautement symbolique.
La passerelle en détails
La passerelle de Booneghem a une longueur de 12 m (18 m avec les escaliers) et maintient un tirant d’air de 1,80 m afin de permettre le passage des embarcations. Elle est fondée sur pieux vissés à 10 m de profondeur et a subi un essai de charge afin de vérifier leur bonne capacité de reprise de charges. Les deux escaliers latéraux ont une géométrie respectant l’accessibilité PMR (Personnes à mobilité réduite). L’ouvrage est constitué d’une charpente métallique galvanisée à chaud. Le bois utilisé est le chêne français, certifié PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières) et posé dans les règles de l’art, afin d’optimiser sa durée de vie. Le platelage bois est équipé d’un profil antidérapant positif pour éviter que les particules organiques ne stagnent dans un rainurage antidérapant et entraine une dégradation prématurée par les champignons lignivores.
Photos Fred Berteloot/CD62