Le 29 avril 2026, plus de 200 jeunes ont participé à l’invitation du Département et de l’Ecole de la Deuxième Chance de Liévin à un escape game urbain qui leur a permis de partir à la découverte des villes de Lens et de Liévin, de rencontrer des acteurs du territoire spécialisés dans l’accompagnement des jeunes, mais peut-être aussi et surtout de mieux connaître leurs droits et les aides dont ils peuvent bénéficier dans leur parcours vers l’autonomie.
Au programme de la journée, 10 points de passages à rallier à pied ou en transports en commun pour participer à des ateliers au cours desquels les jeunes ont pu accumuler un maximum de points, avec à la clé de nombreux lots à gagner lors du rassemblement qui s’est tenu en fin de journée au stade Bollaert-Delelis. Bien plus qu’un jeu, cette journée aura également permis aux participants de découvrir des acteurs du territoire et les services qu’ils proposent à destination des jeunes.
La jeunesse une priorité pour le Département du Pas-de-Calais
Dans le cadre de son projet de mandat, le Département a choisi de faire de la jeunesse l’une de ses priorités. Avec l’environnement et le lien social, la jeunesse est donc l’une des trois grandes thématiques que la collectivité a voulu aborder de manière transversale, en les intégrant directement dans l’ensemble de ses politiques publiques.
Pour François Lemaire, Vice-président en charge de la Jeunesse, cet événement porté par les services en charge de l'insertion ainsi que de l'inclusion sociale et du logement incarne la manière dont le Département du Pas-de-Calais souhaite mobiliser l’ensemble de ses moyens et de ses partenaires au service de la jeunesse :
« Cette action est une belle réussite, et c’est le moins que l’on puisse dire. Tout le monde a joué le jeu. Des jeunes aux partenaires locaux, chacun a fait en sorte de s’investir dans chaque étape de la journée. Des journées comme celles-ci, nous confortent dans l’idée que nous devons continuer de nous adapter dans notre manière de communiquer auprès des jeunes. »
Après une opération similaire l’année dernière dans le Calaisis, cette nouvelle action imaginée par la collectivité et ses partenaires du secteur de Lens-Liévin permet de décliner la politique départementale en actions adaptées aux réalités locales :
« Cette journée avait pour objectif de présenter l’offre de services à destination des jeunes sur le territoire en matière d’accès à l’autonomie. Pas uniquement celle proposée par le Département, mais également celle proposée par les partenaires et acteurs qui travaillent sur ce même territoire. Cette opération s’inscrit dans une dynamique locale qui incarne la démarche que la collectivité a choisi de mettre en place dans le cadre de son projet de mandat : "aller vers" et "faire avec". »
Aborder des sujets sérieux par le prisme du jeu
S’il a pu être question de loisirs, de sports, ou de culture, les jeunes se sont aussi frottés à des thématiques au premier abord pas toujours faciles à aborder comme la gestion d’un budget, l’accès aux droits ou l’insertion professionnelle. Pour rendre les choses plus faciles, l’énergie et la bonne humeur des agents de la collectivité et des partenaires qui, avec une approche ludique, ont réussi à créer au sein des différents groupes une émulation, qui a permis à ces jeunes de s’autoriser à poser leurs questions ou à surmonter la crainte de se tromper en répondant à des questions parfois pointues.
Exemple peut-être le plus frappant, l’atelier consacré à la santé qui se déroulait au sein du Centre de santé sexuelle (CSS) de Liévin, d’autant plus que pour la plupart, les jeunes participants ne se connaissaient pas avant de commencer l'escape game. En effet, comme le confirme Nadine Tonneau, conseillère conjugale et familiale, parler sexualité n’est pas toujours chose facile : « La sexualité, c’est un sujet qui relève de l’intime. Un peu tabou parfois. Donc il est important pour nous de pouvoir briser la glace rapidement. Aujourd’hui, cela a pu être facilité par le fait que j’avais déjà pu croiser certains participants lors d’interventions en collèges dans le cadre de l’EVARS (Education à la vie affective et relationnelle et à la sexualité), et le fait de passer par le jeu permet de créer une ambiance favorable aux échanges. Au début on ressent une petite gêne chez les jeunes, mais très vite tout le monde se laisse prendre au jeu et se détend, ce qui fait que rapidement, ils osent nous poser leurs questions et réagir spontanément, sans crainte d’être jugés. »
Zoom sur les CSS
Les Centres de santé sexuelle (CSS, et anciennement CPEF pour Centres de planification ou d’éducation familiale) sont des lieux d’accueil, d’écoute, de prévention et d’accompagnement dont la mission est d’offrir un accès facile, gratuit et confidentiel aux soins liés à la santé sexuelle et affective, pour toutes et tous, à tous les âges.
Malgré un changement de nom en 2024, les CSS sont pour les jeunes un lieu de référence désormais bien identifié grâce au travail de sensibilisation mené dans les établissements scolaires et auprès de nombreux partenaires du champ de la jeunesse. Un changement qu’a pu constater Vanessa Delemarle, sage-femme intervenant au centre de Liévin :
« On remarque que les jeunes sont maintenant plutôt bien informés. Par exemple, en matière de contraception, les jeunes sont au courant des différentes solutions à leur disposition même s’il y a encore souvent un décalage entre l’imaginaire et la réalité. Quand on leur montre un stérilet, ils nous disent régulièrement « Ah mais finalement c’est tout petit ! » Pareil pour les implants. Ils savent que ça existe, mais ne savent pas toujours à quoi cela ressemble ou que cela se place sur le bras, etc.
Nous voyons aussi également que tout le travail de sensibilisation mené dans le cadre de l’EVARS ou dans les actions collectives a porté ses fruits au fait que désormais sur ces questions, les garçons se sentent également concernés, avec de plus en plus de couples qui viennent en consultation pour parler contraception. »
Des progrès qui se traduisent également par une augmentation des prises de rendez-vous dans les centres : « Au début, nous n’étions pas forcément bien identifiés. Mais désormais, les gens prennent beaucoup plus facilement rendez-vous avec nous, et viennent nous voir d’eux-mêmes. Et avec des centres sur tous les territoires et la prise de rendez-vous sur internet, on voit encore une progression vu qu’il est possible d’avoir des rendez-vous encore plus vite, plus facilement et plus près de chez soi. »
Des services et des droits parfois méconnus
Au fil des ateliers, les jeunes ont ainsi pu apprendre à mieux connaître les services à leur disposition, à l’image des solutions de mobilité proposées par TADAO, apprendre à mieux connaître leurs droits en matière d’accès aux origines pour les jeunes confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE), ou encore déconstruire les idées reçues en matière d’exercice de la citoyenneté.
Pour Céline Malbranque, qui avec ses collègues de l’Association d’action éducative du Pas-de-Calais (AAE 62) animait l’atelier consacré à la citoyenneté, cette journée était en effet l’occasion d'interroger les jeunes sur la question du droit de vote : « Ce type d’action permet de questionner certains a priori. Il y a pour une certaine proportion des jeunes pour qui "voter, ça ne sert à rien". Certains ne vont également pas voter parce que selon eux, ils n’y connaissent rien. Donc à travers des jeux, nous pouvons leur prouver qu’au final ils en savent souvent bien plus qu’ils ne le croient et leur donner des éléments pour mieux comprendre la vie démocratique locale et leur donner envie de s’y intéresser. »
Une démarche qui fait mouche chez les jeunes participants, qui à l’image d’Adrien, 23 ans, se sont laissés prendre au jeu et en retirent un bilan plus que positif : « Aujourd’hui, on a vu plein de choses, on est allés dans plein d’endroits différents. En ce qui me concerne, il y avait des choses que je connaissais déjà, mais il y en avait aussi d’autres pour lesquelles j’ai été surpris. Par exemple, lors de l’atelier sur le développement durable, j’ai appris que pour savoir dans quelle poubelle mettre mes déchets, il suffisait de savoir où regarder sur l’emballage ! Ce qui moi m’a le plus intéressé, c’était l’atelier avec France Travail où j’ai découvert qu’il existait différents accompagnements pour les jeunes : un accompagnement intensif jusqu’à l’emploi, un accompagnement pour les apprentis, etc. Ce qui est chouette, c’est que nous avons tous forcément appris quelque chose ! »