Bien vieillir chez soi : quand deux métiers se complètent pour prendre soin des habitants

Permettre aux personnes âgées ou en situation de handicap de vivre le plus longtemps possible chez elles suppose de pouvoir compter sur des professionnels nombreux, qualifiés et reconnus. Après la crise du Covid, le Département et ses partenaires ont engagé un important travail pour redonner de l’attractivité aux métiers de l’autonomie. Cinq ans plus tard, les premières avancées sont visibles. 

Depuis cinq ans, les initiatives se sont multipliées. Accompagnement des employeurs, valorisation des métiers, formations, nouvelles organisations de travail, actions auprès des collégiens, des lycéens et des demandeurs d’emploi… Longtemps confronté à des difficultés de recrutement et à une image parfois dégradée, le secteur de l’aide à domicile commence aujourd’hui à récolter les fruits de ce travail collectif.

À travers leurs métiers complémentaires, Sonia Ledent et Géraldine Vandenkerckhove contribuent chaque jour à cette dynamique qui prépare le bien vieillir de demain.

Sonia est chargée de mission développement des compétences au sein du service insertion et emploi de la Direction des politiques d’inclusion durable. 

Géraldine est chargée d’accompagnement des services autonomie à domicile (SAD) à la direction de l’autonomie et de la santé. 

Toutes deux sont complémentaires. L’une accompagne les futurs professionnels ; l’autre accompagne les structures qui les emploient. Ensemble, elles participent à une même politique publique : permettre aux habitants du Pas-de-Calais de bien vieillir chez eux.

Redonner confiance… avant même de parler d’emploi

Pour Sonia, tout commence bien avant la signature d’un contrat. « Notre réussite, ce n’est pas seulement que la personne trouve un emploi. C’est qu’elle s’y sente bien et qu’elle puisse y rester. » Avant cela, il faut parfois lever bien d’autres obstacles. Une personne n’a pas de permis de conduire. Une autre élève seule ses enfants. Une troisième n’a plus travaillé depuis plusieurs années. « Certaines nous disent : “Ça fait tellement longtemps que je ne travaille plus que j’ai du mal à me lever le matin.” Retrouver un rythme de vie, c’est déjà une première victoire. » La mobilité, la garde d’enfants, la confiance en soi… tout est travaillé avec la personne. Les solutions sont souvent très concrètes. Lorsqu’un candidat ne dispose pas encore d’un véhicule, il est par exemple possible d’organiser des tournées réalisables à pied ou à vélo, le temps qu’il gagne en autonomie.

L’objectif est simple : éviter les abandons dans les premières semaines et permettre à chacun de construire un parcours durable.

Prendre soin de ceux qui prennent soin des autres

Géraldine accompagne les services autonomie à domicile dans l’amélioration de leurs organisations et des conditions de travail. « Tout ce que nous faisons pour les professionnels se répercute sur la qualité du service rendu aux usagers. » Derrière cette phrase se cache une profonde évolution des métiers. Pendant longtemps, les auxiliaires de vie étaient souvent perçues comme de simples exécutantes. Aujourd’hui, elles sont reconnues comme de véritables professionnelles de l’accompagnement. « Elles ne sont plus seulement là pour faire. Elles observent, proposent et alertent. » Parce qu’elles interviennent quotidiennement au domicile des personnes, elles sont souvent les premières à remarquer qu’une situation évolue. Une personne âgée mange moins. Une autre s’isole progressivement. Une perte d’autonomie apparaît.

Grâce aux temps de coordination organisés en équipe, ces observations sont partagées. Une auxiliaire de vie peut proposer de modifier son horaire de passage pour accompagner une personne pendant son repas, suggérer une activité collective pour rompre son isolement ou alerter les professionnels compétents afin d’adapter rapidement l’accompagnement. Ce regard de proximité est aujourd’hui pleinement reconnu.

Changer le regard sur ces métiers

Les conditions de travail évoluent elles aussi. Les tournées sont davantage réfléchies afin de limiter les déplacements inutiles et les amplitudes horaires. Les nouveaux salariés bénéficient d’un accompagnement renforcé lors de leur prise de poste. Les employeurs sont soutenus pour mieux intégrer leurs équipes et favoriser leur fidélisation. « On fait beaucoup plus attention à l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle. »

Les perspectives d’évolution se développent également. Les professionnels peuvent devenir tuteurs, se spécialiser dans le handicap, évoluer vers des fonctions de coordination ou poursuivre une formation d’aide-soignant. Autant d’évolutions qui contribuent à changer l’image de métiers longtemps méconnus.

Le Département agit également en amont, auprès des collégiens, des lycéens, des demandeurs d’emploi ou des personnes en reconversion, notamment grâce à la plateforme « Profession Autonomie 62 », qui permet de découvrir les métiers, les formations et les nombreuses opportunités offertes par un secteur représentant près de 10 000 professionnels dans le Pas-de-Calais.

Les premiers résultats d’un travail collectif

Les besoins de recrutement restent importants, mais Sonia et Géraldine constatent déjà les premiers effets des actions engagées depuis cinq ans. « On commence à voir que toutes les actions menées portent leurs fruits. » Les salariés sont mieux accompagnés, les employeurs travaillent davantage ensemble, les parcours sont plus sécurisés et les perspectives d’évolution plus nombreuses.

Cette dynamique repose sur une coopération renforcée entre les directions du Département, les territoires, les employeurs, les organismes de formation et les partenaires de l’emploi. Chacun agit dans son domaine, mais tous poursuivent le même objectif. Car derrière chaque personne âgée qui peut continuer à vivre chez elle, il y a des professionnels engagés, des employeurs mobilisés et tout un réseau d’acteurs qui œuvre pour mieux faire connaître, mieux former et mieux accompagner ces métiers.

Prendre soin de celles et ceux qui prennent soin des autres, c’est permettre aux personnes âgées ou en situation de handicap de continuer à vivre chez elles dans les meilleures conditions.

Ce qu’il faut retenir

  • En septembre 2022, le Département lance sa plateforme “Professions Autonomie 62”, co-pilotée par les directions en charge de l’Autonomie et celle de l’Insertion afin de renforcer l’attractivité des métiers de l’autonomie.
  • 17 031 personnes ont participé à plus de 190 actions de découverte des métiers de l’autonomie.
  • 1 584 personnes ont retrouvé un emploi. Près de 86 % des parcours débouchent sur une solution durable d’emploi ou de qualification.
  • 700 personnes ont été accompagnées depuis septembre 2024 pour lever leurs difficultés de mobilité grâce à MobiliSAD.
  • 363 nouveaux salariés ont bénéficié d’un accompagnement pendant leurs six premiers mois, avec 80 % de maintien dans l’emploi.
  • Le secteur représente près de 10 000 professionnels dans le Pas-de-Calais et continue de recruter.

 

Pourquoi ça compte ?

Bien vieillir à domicile ne repose pas uniquement sur les professionnels qui interviennent chez les habitants. Derrière eux, de nombreux agents œuvrent pour rendre ces métiers plus attractifs, mieux reconnus et plus durables.

  • Prendre soin de celles et ceux qui prennent soin des autres, c’est permettre aux personnes âgées ou en situation de handicap de continuer à vivre chez elles dans les meilleures conditions.