Une mare à recréer, un verger à planter, un terrain à rendre à la nature… Les communes ont des idées, mais ne savent pas toujours comment bien faire. Dans chaque territoire, le Département peut les accompagner, du premier conseil au financement. Cathy et Karine nous racontent ce qui se passe derrière ces projets qui changent, petit à petit, le paysage quotidien des habitants.
Une commune possède un terrain et aimerait en faire un « poumon vert ». Mais que faire ? Une mare ? Un verger ? Des bosquets ? C’est là que l’accompagnement commence.
Et Cathy tient à associer les chargés de mission développement durable des MDADT. Répartis dans les territoires, ils sont au plus près des communes, les conseillent et les aident à faire mûrir leurs projets. « Ils sont la pierre angulaire du dispositif. Nous, nous sommes un maillon de la chaîne. »
Cheffe du service Préservation des ressources et du climat, Cathy Paccou a assuré en intérim les missions liées à la biodiversité. Depuis septembre, Karine Desfrenne, nouvelle responsable biodiversité, est venue renforcer l’équipe.
Une fois le projet suffisamment mûr, le dossier est instruit, expertisé puis soumis aux élus. Le Fonds Biodiversité permet ensuite de soutenir des réalisations très différentes : mares, haies, bosquets, vergers conservatoires, prairies fleuries, éco pâturage ou encore abris pour la faune.
Planter, oui. Mais pas n’importe comment
Car « ce n’est pas planter 3 arbres qui va faire revenir la biodiversité », sourit Cathy. Derrière une opération qui paraît simple se cachent beaucoup de questions : quelles essences choisir ? Quel est le sol ? Quelles espèces vivent déjà là ? Comment recréer des continuités écologiques ? Et comment anticiper un climat qui change ?
C’est tout l’intérêt de l’ingénierie apportée aux communes, au-delà de l’aide financière.
Karine aime prendre l’exemple d’un verger conservatoire ouvert à la maraude. On y vient pour cueillir une pomme. Mais pour qu’elle pousse, il a fallu des pollinisateurs, eux-mêmes attirés par la végétation alentour. « Tout ça, c’est un système. C’est l’ingénierie de la nature. »
Cette politique ne part pas d’une page blanche. De l’Agenda 21 au Pacte des solidarités territoriales, la préservation des ressources, des espaces naturels et des paysages s’est progressivement inscrite dans les orientations départementales. Défi Biodiv’62, adopté en 2023, poursuit cette mission.
Pour Raphaël Da Silva Ropio, chargé de mission biodiversité, l’objectif affiché est de rendre les projets « plus qualitatifs que ce qui est parfois indiqué au début du projet ». Il ajoute que « ce qui est motivant et intéressant c'est de voir à quel point, en intervenant un peu, on a quand même beaucoup d’espèces qui reviennent ».
De la biodiversité… pour mieux vivre
Car derrière une mare ou quelques hectares laissés à la nature, il y a aussi les habitants. Davantage de végétation, des espaces de fraîcheur, des oiseaux, des insectes, des endroits où les enfants peuvent observer le vivant : préserver la biodiversité, c’est aussi prendre soin du cadre de vie.
Cathy, elle, pense à cette nature que l’on croyait presque acquise. Aux moineaux qu’elle entend moins qu’autrefois. Aux hérissons. Et, à l’inverse, à la satisfaction de voir certains projets prendre vie.
« Entendre une chevêche d’Athéna et se dire qu’on a recréé son habitat avec des bosquets, c’est génial. »
Parfois, le résultat tient à peu de chose : un oiseau que l’on entend à nouveau, une pomme cueillie dans un verger, un mât à hirondelles aperçu au détour d’une balade. Des petits signes. Mais aussi une façon très concrète de voir ce que devient, sur le terrain, l’aide apportée aux communes.
Un appel de Cathy : « Et vous qui avait un petit jardin ; avez-vous pensé que les clôtures entravent les balades du hérisson ? »
Ce qu'il faut retenir
- 600 000 € par an consacrés aux projets de renaturation et d'aménagement écologique des communes et de leurs groupements.
- 2 programmations par an pour examiner les projets.
- Environ 30 dossiers par programmation.
- 7 territoires : les chargés de mission développement durables des Maisons du Département aménagement et développement territorial constituent des interlocuteurs de proximité pour les communes.
- De nombreuses solutions possibles : mares, haies, bosquets, prairies fleuries, écopâturages, nichoirs, acquisitions foncières, etc.
- Et le Départmeent agit aussi sur son propre patrimoine : 6 200 hectares d'espaces naturels sensibles, 125 collèges et 70 kilomètres d'anciennes voies ferrées. Autant de terrains sur lesquels la biodiversité peut être prise en compte.
Pourquoi ça compte ?
Préserver la biodiversité, c'est préserver le cadre de vie des habitants. En aidant une commune à remettre de la nature dans un quartier, à conserver un espace naturel ou à créer une mare, un verger ou une prairie, le Département contribue à créer ou à sauvegarder des espaces plus agréables à vivre, plus frais et plus accueillants pour la faune et la flore.
C'est aussi permettre aux enfants de grandir avec davantage de nature autour d'eux, aux habitants du Pas-de-Calais de retrouver des oiseaux, des insectes ou des hérissons dans leur environnement du quotidien.
Une politique volontaire qui répond à une ambition très concrète : préserver aujourd'hui un territoire où il fera encore bon vivre demain.