Dans le cadre de son projet de mandat, le Département du Pas-de-Calais a fait le choix de dédier une place particulière à la jeunesse. Plutôt que de faire du soutien aux jeunes une politique publique parmi d’autres, la collectivité a pris le parti d’intégrer ce soutien à l’ensemble de ses politiques publiques. 

Santé mentale, logement, mobilité ou vie culturelle : tout est fait pour permettre aux jeunes d’être pleinement acteurs de leur vie, pour donner une place réelle à leur parole et leur ouvrir le champ des possibles.


Emploi des jeunes : le choix de l’apprentissage

Solution pour laquelle le Pas-de-Calais a voulu poursuivre le travail entamé au cours des précédents mandats, l’apprentissage s’est imposée comme l’un des outils incontournables pour accompagner les jeunes dans leur parcours vers l’emploi. Avec auparavant une quarantaine d’apprentis recrutés chaque année, la collectivité a souhaité doubler le nombre de jeunes accompagnés par ses services, avec désormais chaque année, depuis 2022, entre 80 et 100 jeunes alternant école et période de travail au sein des services départementaux.

Malgré un contexte institutionnel et économique qui pousse de nombreuses collectivités à revoir à la baisse ou à arrêter tout simplement le recrutement de jeunes en alternance, le Département du Pas-de-Calais a choisi de poursuivre cet engagement, conscient de l’intérêt pour les jeunes de pouvoir joindre la pratique à la théorie, avant de se lancer sur le marché de l’emploi.

Pour Audrey Delins et Sylvain Cognon, chefs de service recrutement, mobilité et formation, l’intérêt de l'apprentissage est double. Pour la collectivité, si apprentissage ne rime pas nécessairement avec recrutement, il permet cependant sur certains métiers en tension méconnus des étudiants de leur ouvrir les portes des services départementaux et de faire changer la vision du travail dans les collectivités, à l’image du métier de chef de cuisine en collège : « Pour les métiers de la restauration, en tant que collectivité, il est parfois difficile de recruter car la restauration scolaire n’a pas toujours bonne presse dans les formations de cuisine. Ouvrir nos portes à des apprentis, c’est donc permettre aux jeunes de constater que dans le Pas-de-Calais des moyens ont été mis au service de la restauration scolaire, leur faire découvrir ce cadre de travail souvent méconnu, leur permettre de se rendre utiles auprès des collégiens en leur garantissant une alimentation saine et équilibrée, mais aussi tous les avantages à travailler dans un collège par rapport à la restauration traditionnelle, avec par exemple des amplitudes horaires moins importantes, les vacances scolaires. »


L’apprentissage : un tremplin vers l’emploi

Mais au-delà de cette opportunité pour la collectivité de donner envie à des jeunes de postuler dans ses services à l’issue de leur apprentissage, le Département voit dans l’apprentissage un véritable tremplin pour l’insertion professionnelle des jeunes. Pour les deux chefs de service, l’idée, en parallèle de l’apprentissage, est de proposer aux jeunes un accompagnement pour les préparer à intégrer le marché du travail dans les meilleures conditions avec des rendez-vous réguliers : « Plusieurs fois par an, les apprentis sont réunis pour des temps d’échange qui sont l’occasion de faire le point et d’aller plus loin dans l’accompagnement. Nous leur présentons l’offre de formation dont ils peuvent bénéficier en tant qu’apprentis, nous avons des temps de travail pour voir avec eux comment rédiger un CV ou une lettre de motivation, nous avons la possibilité d’organiser des jurys blancs en vue de leurs entretiens d’embauche, etc. L’objectif est de leur permettre de développer des compétences et d’acquérir des outils qui pourront leur être utiles aussi bien dans la collectivité qu’à l’externe. Car au-delà du nombre d’apprentis, ce qui a changé avec l’engagement de la collectivité en faveur de la jeunesse, c’est la mise en place de cet accompagnement qui permet de regarder au-delà de la période pendant laquelle les jeunes travaillent chez nous dans le cadre de leur formation. Le véritable enjeu, pour nous comme pour eux, c’est de préparer l’après. »