Tout au long de l’année, 11 agents et 2 chefs d’équipes du Centre d’entretien routier (CER) de Rinxent se relaient nuit et jour, avec l’aide de leurs collègues des deux autres CER du Boulonnais et de la MDADT (Maison du Département aménagement et développement territorial), pour entretenir et sécuriser les routes départementales des environs. Des missions identiques à celles de leurs collègues des autres CER répartis dans tout le Pas-de-Calais.


À chaque secteur ses spécificités

Pour Laurent Butor, responsable du secteur de Rinxent, sur le papier les enjeux propres à l’exploitation du réseau des routes départementales du Pas-de-Calais sont les mêmes dans tout le département : « Ici les agents font le même travail que dans les autres centres. Par contre dans chaque CER, on va faire face à des problématiques différentes. Dans le Boulonnais, il y a par exemple trois secteurs : celui de Saint-Martin, qui est plus urbain, celui de Longfossé, qui est au contraire beaucoup plus rural, et le nôtre qui a la spécificité d’être plus « touristique », dans la mesure où il accueille le Grand Site de France des Deux-Caps. Concrètement, cela veut dire qu’entre mai et fin septembre la circulation double par rapport au reste de l’année sur le réseau départemental. Donc pour nous cela se traduit par plus d’accidents et plus de déchets. Nous avons aussi la « route des carrières » avec plus de 1000 poids lourds qui passent chaque jour, donc c’est aussi une spécificité avec laquelle les agents doivent composer. »

Une organisation bien rodée

Pour permettre aux usagers de circuler dans les meilleures conditions et en toute sécurité sur les 220 kilomètres de routes départementales et entretenir les 95 ouvrages d’arts qui les traversent, les deux équipes se répartissent les missions en fonction des saisons, mais aussi des imprévus : « Les chefs d’équipes organisent les plannings d'intervention des équipes, mais en parallèle nous avons en hiver la veille hivernale et le reste de l’année la veille qualifiée, avec des agents en astreinte pour intervenir face à tous les cas de figure, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Donc parfois tout va se passer comme prévu, parfois il faut s’adapter et réagir très rapidement. »

Chargé de jongler entre les différentes interventions programmées et les urgences, Aurélien Coulombel, l’un des deux chefs d’équipe du CER de Rinxent voit cet aspect de son travail comme l’une des spécificités qui font l’attrait des métiers de l’exploitation routière : « On ne s’ennuie jamais et on n’a pas le temps de se lasser. Contrairement à d’autres métiers, il n’y a pas une semaine qui ressemble à une autre. L’été ce sera par exemple la période du débroussaillage au niveau des glissières ; en hiver on fera plutôt de l’émondage et de l’élagage ; de mai à octobre on va beaucoup travailler avec le FIR (Finisseur d'intervention rapide) pour redresser le profil des routes avant de pouvoir refaire les enrobés, etc. Et toute l’année nous avons le ramassage des déchets, la réparation de la signalisation et la réfection des marquages routiers à assurer également. En gros, il s’agit des interventions du quotidien, car les travaux plus spécifiques, nous les planifions avec les collègues du SM3R (Service de la maintenance et ressources du réseau routier) qui dispose du matériel adapté. Donc une partie de mon travail consiste à planifier leurs interventions : on va par exemple les mobiliser si l’on doit faire de gros travaux d’élagages, du terrassement ou intervenir sur les clôtures des bassins de rétention, etc. »

Tout cela sans compter sur les imprévus : « On fait nos plannings, mais il faut sans cesse s’adapter. Parfois on va être appelés pour un accident, une autre pour un sanglier ou un arbre au milieu de la route, etc. Par exemple, la semaine dernière il y a eu plusieurs départs de feu sur des véhicules. Donc dans ces cas-là, nous pouvons être mobilisés pour faciliter et sécuriser l’intervention des services de secours. Nous avons depuis eu de nouvelles consignes liées à la sécheresse et aux risques d’incendie, donc nous limitons maintenant le débroussaillage au strict nécessaire et nous adaptons les horaires d'intervention pour limiter autant que possible les risques, etc. »


« Un apprentissage permanent »

Si travailler dans un CER implique certaines contraintes, les métiers de l’exploitation routière ont pourtant beaucoup d’attraits lorsque l’on écoute le chef d’équipe parler de son quotidien : « Il faut être honnête, il y a des risques dans la mesure où on travaille sur la route. Il faut aussi travaille par tous les temps, parfois de nuit, il y a des astreintes, etc. Mais comme je l’ai déjà dit on ne s’ennuie jamais, et surtout on apprend toujours. »

En effet, pour le chef d’équipe, ces métiers sont accessibles à presque tout le monde : « Les seules les conditions pour commencer c’est la motivation et le permis poids lourd. Tout le reste, ça s’apprend progressivement sur le terrain et en formation pour ce qui est du maniement des différents outils. On se forme aussi aux gestes et aux postures qui permettent de limiter la contrainte physique liée à certaines missions. Et de toute façon mon rôle c’est de veiller à la bonne répartition du travail en fonction des compétences des uns et des autres, mais aussi d’éventuelles restrictions. On parle vraiment de travail d’équipe et on apprend tous les jours : par exemple, il n’est pas forcément nécessaire d'avoir fait des études dans le bâtiment ou les travaux publics, mais pourtant, on peut être amenés à apprendre à faire un peu de maçonnerie dans le cadre de l’entretien des ouvrages d’arts. Pour nous c’est toujours intéressant d’apprendre de nouvelles choses, et la collectivité s’y retrouve aussi. Car ces travaux que l’on fait en régie, cela permet aussi de faire des économies en faisant nous-mêmes de petites réparations avant que les dégâts ne soient trop importants, plutôt que d’attendre qu’un ouvrage d’art ne se dégrade complètement ou de faire intervenir une entreprise spécialisée. »

Autre intérêt de la profession, les perspectives d’évolution : « J’ai commencé agent d'exploitation et ensuite j’ai passé un concours pour devenir chef d’équipe. Donc ça veut dire que maintenant c’est moi qui supervise le travail de mes collègues, qui fait les plannings, qui gèrent les stocks, qui assurent les patrouilles pour contrôler l’état du réseau, etc. Si on s’en donne les moyens, contrairement à d’autres domaines, c’est possible de progresser dans nos métiers ! »