Profitant de l’arrivée de grands projets d’équipements et d’infrastructures dans le Pas-de-Calais ou à proximité, le Département a fait le choix de miser sur ces projets pour servir de support à ses politiques d’insertion en faveur des jeunes et des bénéficiaires du RSA.
Profiter de l’appel d’air
Avec des chantiers tels que la rénovation de 23 000 logements dans le cadre de l’Engagement pour le renouveau du Bassin minier, le chantier de l’hôpital de Lens, le démarrage des travaux du Canal Seine-Nord Europe, ou la construction des EPR2 (Evolutionary Power Reactor de deuxième génération) de Penly et Gravelines, le carnet de commandes des entreprises régionales du bâtiment et des travaux publics est bien rempli pour les années à venir. Seule ombre au tableau, le secteur peine à recruter du personnel qualifié pour faire face aux importants besoins de main-d’œuvre qu’impliquent des travaux d’une telle envergure.
Afin d’optimiser les retombées économiques et sociales de ces projets pour le territoire, et dans le cadre de la démarche Grand Chantier, le Département du Pas-de-Calais a mis en place avec les différents acteurs du secteur, un programme d’accompagnement des publics en recherche d’emploi. Objectif : sensibiliser, préparer, et qualifier ces personnes à l’exercice des métiers les plus en tension, pour à terme favoriser la mise à l’emploi des publics accompagnés.
Un travail de longue haleine et d’anticipation permet de construire des parcours adaptés, sur mesure et sans couture avec les publics repérés en amont du démarrage des chantiers de manière à garantir aux entreprises du personnel prêt à être recruté.
Des parcours sécurisés
Ateliers de sensibilisation pour présenter les métiers porteurs, les chantiers en cours ou à venir et les opportunités d’emploi ; découvertes de chaque métier afin de s’essayer aux rudiments d’une profession ; puis préparatoire afin de disposer des bases nécessaires à une entrée en formation ; ces étapes sont nécessaires afin de préparer l’intégration en entreprise. Cette méthode désormais bien rodée a également tout pour séduire celles et ceux qui à l’image de Johanna Palm, sont tentés de commencer une nouvelle carrière dans les métiers du bâtiment ou des travaux publics.
Déjà des premières réussites
Si les phases de conception du Canal Seine-Nord Europe avaient déjà permis à certains de renouer avec le monde du travail, le démarrage des travaux dans le Pas-de-Calais est l’occasion d’enclencher la vitesse supérieure avec chaque jour de nouvelles vocations qui se créent et aboutissent à une insertion professionnelle durable.
Pour la future coffreuse bancheuse, l’accompagnement du Département est une véritable chance pour qui voudrait se lancer dans les métiers du bâtiment et des travaux publics :
« J’ai travaillé pendant 20 ans dans le transport. D’abord dans un bureau, en tant qu’assistante administrative : je m’occupais des stocks, de la gestion des transports, etc. Puis je me suis formée et j’ai ensuite créé mon entreprise avec mon mari mais nous avons dû interrompre notre activité.
J’ai eu l’occasion d’assister en début d’année à une sensibilisation aux opportunités d’emploi liées au Canal-Seine Nord Europe. Et ce projet, j’en avais entendu parler, mais je n’imaginais pas que cela impliquait autant de besoins de personnel. Juste après, j’ai participé à une détection de potentiel et à partir de là tout est allé très vite.
Le Département du Pas-de-Calais m’a permis d’intégrer une session de découverte avec une journée dédiée au métier de coffreur bancheur et à celui de maçon VRD (Voirie et réseaux divers), ça m’a beaucoup plu donc j’ai ensuite suivi la « préparatoire » pour aller un peu plus loin. En consacrant une semaine à chacun de ces deux métiers, je me suis rendu compte que si à l’origine j’étais plutôt intéressée par le métier de maçon VRD, celui de coffreur bancheur me correspondait finalement plus. J’aime bien bricoler et faire les choses moi-même. Donc par exemple, le coffrage traditionnel ça m’a tout de suite parlé ! Il faut fabriquer son coffrage en bois, faire les ligatures, etc. Donc maintenant que je suis certaine de vouloir continuer dans cette voie, je suis en formation qualifiante pour tenter de décrocher mon titre professionnel.
Je regrette même de ne pas avoir commencé plus tôt ! Parce que j’imaginais ce métier beaucoup plus physique et difficile, alors qu’en fait c’est accessible à tous ceux qui aiment bien bricoler. Et puis ce parcours d’accompagnement ça permet de se rendre compte que dans le BTP, on s’occupe bien des employés : la sécurité sur les chantiers, on travaille les gestes et les postures, on nous prépare bien pour savoir comment s’adapter en cas de fortes chaleurs, etc. »
Prochaine étape pour la future coffreuse bancheuse avant les derniers examens et l’obtention du titre professionnel qui lui permettra de faire reconnaître son savoir-faire auprès des entreprises : 3 semaines de stage au sein de l’entreprise Lhotellier pour apprendre à transposer sur le chantier d’une école tout ce qu’elle a appris au cours de ses 3 mois de formation.
« Je me dis que quand on travaille sur ce type de constructions, on peut être fier de contribuer à construire quelque chose qui va bénéficier à beaucoup de monde. Et c’est pareil pour tous les grands chantiers ! »