Julie Macquet à pour mission en quelque sorte de remettre l’alimentation au cœur du quotidien des habitants du Pas-de-Calais.

Julie est chargée de mission alimentation durable au service développement territorial. Son métier se situe à la croisée de nombreux enjeux : agriculture, santé, éducation, solidarité. Elle travaille en lien avec les collèges, les partenaires agricoles, les professionnels et différents services du Département.

Des projets à piloter, des actions à coordonner et des publics variés à sensibiliser : « On ne travaille jamais seul », précise-t-elle, tant son rôle repose sur le lien entre les acteurs.

Témoignage de Julie qui représente toute une équipe :

« Je me sens utile quand je permets aux “mangeurs” de redécouvrir une filière, ou de remettre l’alimentation au cœur du sujet ; lorsque mes actions font évoluer les pratiques, même à petite échelle, c’est gagné ! ».

Dans les collèges, auprès des professionnels ou du grand public, Julie agit pour donner des repères simples : saisonnalité, origine des produits, cuisine du quotidien. 

« L’objectif n’est pas de culpabiliser, mais de revenir aux bases ».

Elle mesure aussi l’impact de son travail dans des contextes plus sensibles. Julie accompagne des auxiliaires de vie pour mettre davantage de qualité dans les repas servis aux bénéficiaires. Lorsqu’elle participe à des actions liées à la précarité alimentaire, elle touche aussi à des enjeux essentiels.

« Bien manger, c’est aussi une question de dignité ».

Ce qu’il faut retenir

  • Au quotidien, Julie agit en coulisses pour faire avancer une politique publique transversale. Elle contribue à améliorer la qualité des repas dans les assiettes ( notamment celles des collégiens), à lutter contre le gaspillage alimentaire et à développer des actions de sensibilisation.
  • Elle participe aussi à soutenir les filières locales, à créer des outils pédagogiques et à accompagner des professionnels dans leurs pratiques.
  • Son rôle est souvent peu visible, mais il permet à de nombreux acteurs d’agir plus efficacement.

Pourquoi ça compte ?

  • Répercussion vis-à-vis des jeunes : Julie permet la transmission de repères dès le plus jeune âge. De manière pédagogique il s’agit de “former les mangeurs d’aujourd’hui et de demain”.
  • Répercussion sur l’environnement et les filières locales : Julie promeut la saisonnalité, les produits de proximité et lutte contre le gaspillage… son travail contribue à préserver les ressources, soutenir les producteurs et favoriser une alimentation plus durable.
  • L’action de Julie est à la croisée de plusieurs politiques publiques. La solidarité au sens large en est particulièrement renforcée : lien avec les collèges, l’autonomie, l’enfance ou la santé... Julie inscrit l’alimentation dans une approche transversale, au service de tous les habitants.

 

Dans l’ombre, Julie agit pour que l’on mange mieux

Chargée de mission alimentation durable au service développement territorial, Julie Macquet fait partie de ces professionnels qui exercent des métiers peu visibles mais essentiels. Derrière les repas servis dans les collèges, les actions de sensibilisation ou les projets menés avec les professionnels, elle tisse des liens entre agriculture, santé, éducation et solidarité. Son objectif : remettre le bien manger au cœur du quotidien, sans jamais donner de leçon.


Quand on lui demande d’expliquer son métier, Julie sourit et simplifie : « J’accompagne les personnes à retrouver du sens dans ce qu’il mange. » Une phrase courte, presque évidente, qui cache pourtant une réalité bien plus vaste. Car son terrain d’action dépasse largement l’assiette. L’alimentation durable, telle qu’elle la porte, commence dans les champs et se prolonge jusque dans les cuisines, les établissements, les familles. « Il faut le voir comme une roue : de la production jusqu’à la gestion des déchets », explique-t-elle.

Dans un Département où les politiques publiques touchent à la fois les collèges, les personnes âgées ou les publics fragiles, l’alimentation devient un fil rouge. « Bien manger, c’est aussi une question de santé, de prévention, d’égalité », rappelle Julie. Dans certains cas, c’est même essentiel : « Pour certains collégiens, c’est parfois le seul repas complet de la journée. »

Mais ici, pas de discours culpabilisant. Julie y tient. Au contraire, elle préfère ramener chacun à des repères simples : « Revenir aux bases, la saisonnalité, l’origine des produits… »

Sur plusieurs fronts pour promouvoir une alimentation plus durable et accessible

Au quotidien, Julie navigue entre réunions, projets et actions concrètes. Elle travaille avec les équipes des collèges, les partenaires agricoles, les services du Département, les professionnels du médico-social. Toujours en lien. « On ne travaille jamais seul », insiste-t-elle.

Dans les collèges, cela se traduit par des formations pour les chefs de cuisine, des actions contre le gaspillage alimentaire ou encore des démarches pour favoriser les produits locaux de qualité. Elle évoque par exemple ces pesées de déchets qui permettent de comprendre ce qui est jeté, puis d’ajuster les pratiques : « Les équipes diagnostiquent, puis réajustent ».

Mais son métier ne s’arrête pas là. Elle intervient aussi auprès d’autres publics, parfois plus invisibles encore. Comme les auxiliaires de vie à domicile, accompagnées à travers des ateliers mêlant théorie et pratique. « On s’est rendu compte que certaines n’avaient jamais cuisiné de produits bruts », raconte-t-elle.

Ces temps d’échange deviennent alors bien plus que des formations. « Il y avait une forme de tutorat entre elles, sans le dire », observe Julie. Au-delà des gestes techniques, c’est tout un savoir-faire et une confiance qui se reconstruisent.

« Remettre l’alimentation au cœur »
Ce qui la motive, Julie le dit simplement. « Je me sens utile quand je permets aux gens de redécouvrir une filière, ou juste de remettre l’alimentation au cœur du sujet. »

Parfois, cela passe par des choses très concrètes : rappeler qu’une tomate a une saison, montrer comment cuisiner rapidement, ou reconnecter des enfants à des produits qu’ils ne reconnaissent plus. « Certains enfants ne savent plus d’où vient ce qu’ils mangent », constate-t-elle.

Mais derrière ces gestes simples, les enjeux sont profonds. Julie pense notamment à la précarité alimentaire, un sujet qui lui tient particulièrement à cœur. « Comment accompagner sans stigmatiser ? Comment toucher ceux qui ne vont pas demander de l’aide ? » interroge-t-elle.

A travers cet échange, se dessine toute la dimension humaine de son métier. Un travail patient, discret, souvent invisible, mais essentiel. Car au fond, Julie ne cherche pas à transformer les habitudes du jour au lendemain. Elle sème plutôt des graines. Des idées, des prises de conscience, des envies de faire autrement. Et si son métier reste dans l’ombre, ses effets, eux, se retrouvent chaque jour dans les assiettes.